Poésie

 


Volets ouverts lumière allumée



 

Je n’oublierai jamais

 

La nuit tendre et profonde

 

La nuit des colombes

 

Nos corps enlacés

 

Je n’oublierai jamais

 

Cette impossible seconde

 

Cette impensable seconde

 

Exactement mon rêve

 

Si souvent rêvé

 

Toute une vie

 

Tant de jours

 

Des mois et des années

 

Nos corps carressant la sève

 

Du premier baiser

 

Au loin

 

Entre les portes de l'orage

 

Le serpent roi se glissait

 

Tu le sais

 

En silence

 

Eclatait la bombe

 

Mon cœur qui succombe

 

Juste d'être là

 

A tes côtés

 

Toi tu disais

 

Ce sera sans lendemain

 

La fin dès le reveil

 

Déjà du passé

 

Moi

 

Bien plus que la veille

 

Je t’idéalisais t'idolâtrais te désirais

 

J’ai mis longtemps à comprendre

 

Qui tu étais

 

Mais je n’oublierai jamais

 

Que c’est bien toi

 

Ta douceur ta noirceur ta saveur ta chaleur

 

Toute la force

 

De ta fragilité

 

Tout le bonheur

 

Derrière l’amère écorce

 

Des vents mauvais

 

Non, je n’oublierai jamais

 

Notre nuit de miel

 

La nuit des tourterelles

 

Ni celles d’après

 

Volets ouverts

 

Lumière allumée

 

Non, je n’oublierai jamais

 

Que c’est bien toi

 

Que j’ai aimée.

 

 

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"Sans poésie, la photographie serait une erreur."

 

 

 

Parce que la poésie nous raconte des histoires, parce qu'en un geste elle se saisit de la beauté des formes, et en mesure discrètement le fond, elle sera ici le rêve de la photographie.

 

Un rêve nourri d'impressions instantanées, de visions furtives, comme le songe silencieux et puissant d'un monde qui hésiterait entre lyrisme et désenchantement.

 

Conjuguer l'observation et la sensation, pour rendre des ambiances à la fois brutes et douces. Suivre quelques règles, en suivant surtout son intuition...

 

Et, par dessus tout, partir, voyager.

 

Tout un poème.

 

 

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Cygne


 

J'ai fermé les yeux


avant qu'ils ne clignent


là où le vent s'est levé


là où l'avant souligne


j'ai fermé les yeux


et je n'étais plus hêtre


ni peuplier


j'ai juste fermé les yeux


j'ai vu un cygne


en papier plié.

 

 

 

Au pain dégueulasse


 

A la boulangerie

 

Du pain dégueulasse

 

La boulangère me sourit

 

C'est cocasse

 

Bonjour comment allez-vous

 

Bien merci et vous

 

Elle a l'air sincère la boulangère

 

Et elle sait très bien que je veux du pain

 

Et c'est toujours le même refrain

 

Qu'est-ce que je vous sers

 

Un tas de baguettes sur le comptoir

 

A portée de la main

 

Servez-moi de la pluie et du beau temps

 

J'en veux pour quatre francs

 

Mais c'est beaucoup plus cher

 

Les nuages, le soleil et le vent

 

Me répondit-elle naturellement

 

Oh, il ne faut pas se laisser impressionner

 

Par les éléments

 

Tenez, je vous les achète pour la lune

 

Comme ça

 

Tout le monde est content

 

La lune, la terre, l'air et même l'océan

 

Qui en a marre des marées

 

Qui en a marre des vents

 

Et le monde entier fera la fête

 

A cette nouvelle lune

 

Qui tourne en souriant

 

Du sourire de nos têtes

 

Heureuses comme des enfants

 

Mais la boulangère légère me coupe

 

Dans mon élan

 

Bon, je ne vais pas faire la météo

 

Eternellement

 

Même du haut de la lune

 

Même pour faire le printemps

 

Du reste

 

Je crois que vous ne comprenez pas bien

 

Regardez

 

C'est écrit sur la glace

 

Moi, ici

 

Je vends du pain

 

Du pain dégueulasse.

 

  • Pour info, sachez qu'il existait réellement une boulangerie "Le pain dégueulasse" rue Sainte-Colombe à Bordeaux, boulangerie bien fameuse en son temps.

 

 

 

Rien nous sépare


 

Dès que je te vois

 

C'est plus fort que moi

 

Il y a comme un petit rien

 

Qui me retient

 

Tu es si proche pourtant

 

Tu es là

 

Mais un rien suffit

 

Parfois

 

Et oui, du néant

 

Rien s'en suit

 

Et du rien

 

Rien non plus

 

N'est-ce pas

 

Or moi dans ma tête tout est absent

 

Quand je te vois

 

Tout part dans un trou noir vers d'autres temps

 

A chaque fois

 

Et je suis là

 

Complètement coi

 

Toi du coup

 

Tu sais tout

 

Sur moi

 

Tu sais le tout du rien du tout

 

La totalité du rien tout entier

 

En effet

 

Ainsi peut-être ne sauras-tu jamais rien de tout ça

 

De ce rien

 

Qui est tout pour moi

 

Peut-être aussi cela te suffit-il déjà

 

Ce vide

 

Pourtant à deux doigts d'être plein

 

Rempli de tes propres mains

 

Ou comblé d'un baiser

 

Qui sait.

 

 

 

  • Presque...

 

Le sommeil


 

Accueillir le sommeil

 

Est aussi dur que de le quitter

 

Chaque matin

 

C'est pire que la veille

 

D'ailleurs

 

Des gens ont parié

 

Que je finirais par me réveiller

 

En début de soirée

 

Mais

 

Il faut vivre à ses heures

 

Leurs ai-je rétorqué

 

Et qu'y puis-je

 

Si les miennes sont variées ?

 

 

 

  • Coïncidence.

 

Des pages et des pages


 

T'écrire des pages et des pages

 

Pour qu'au jour le jour

 

S'effeuille notre amour

 

Comme dans un grand livre d'images

 

Où les tableaux viennent tour à tour

 

Présenter leurs paysages

 

Faits de couleurs

 

De sons

 

De milliers de personnages

 

Qui, tous, suivraient le cours

 

Le fil tranquille d'une eau fraîche

 

Dont la source coule pour toujours

 

Même aux saisons sèches

 

Et même pour les sourds

 

T'écrire des pages et des pages

 

Si seulement j'en avais le temps

 

Si au moins je connaissais ton visage

 

Evidemment.

 

 

 

  • La vie continue...

 

Et après ?


 

Au milieu de tout

 

A deux pas du rien

 

Nous avons chacun repris notre chemin

 

Main dans la main

 

La tempête est passée

 

Les arbres sont décimés

 

D'autres déracinés

 

Et dans ce carnage aux couleurs de guerre

 

Nous nous sommes promenés

 

Comme dans un cimetière

 

Où notre amour serait enterré

 

Cataclysme ou renouveau

 

Sûrement un peu des deux

 

Comme on dit

 

La vie c'est l'eau

 

Et donc

 

Quand il pleut

 

Il fait beau

 

Alors

 

Que l'amour tombe du ciel

 

Comme des chats et des chiens

 

Qu'il fasse germer le gland du chêne

 

Dans le creux de nos mains

 

Plus tard

 

Nous le mettrons en terre

 

A la place de ces pins

 

Et nos enfants joueront

 

Dans cette forêt plus belle que jamais

 

Ils y chanteront des chansons

 

Celles qui berçaient nos baisers

 

Mon amie

 

Tout ce qui est vrai

 

Renait de ces cendres

 

Notre amour l'était

 

Dis-moi qu'il nous suffit d'attendre.